Salut les sériephiles ! Aujourd’hui, pour ce 36ème numéro de notre chronique sur News Series, on arrête tout. Oubliez les algorithmes qui vous recommandent toujours la même chose. J’ai déterré pour vous ce qui est sans doute le trésor le mieux gardé du catalogue Netflix : Misaeng: Incomplete Life. Si vous êtes passé à côté de ce chef-d’œuvre du « slice of life » corporate, vous avez raté une leçon de vie magistrale. Alors que la plupart des abonnés se ruent sur les meilleurs k-dramas de 2026, cette série continue de briller dans l’ombre par son réalisme brut.
La série Misaeng qui est ce stagiaire au profil si atypique pour le monde corporate ?
Jang Geu-rae n’a rien à faire là, et ça se voit. Imaginez un gars en costard mal taillé, sans diplôme universitaire, avec un CV rempli de petits boulots, qui atterrit par miracle (et un peu de piston) dans une multinationale impitoyable. C’est le choc des cultures. Dès son arrivée, il déambule comme un touriste perdu dans le métro, multipliant les maladresses gênantes. C’est « cringe » à souhait, mais c’est ce qui rend le personnage si attachant. On est loin des héros invincibles ou des chaebols arrogants qu’on voit souvent, comme dans le k-drama My Dearest ; ici, c’est la vraie vie, celle qui fait mal.
dans Misaeng pourquoi subit-il autant de mépris de la part de ses collègues ?
Le monde de l’entreprise dans Misaeng, c’est la jungle. Parce qu’il est entré par la petite porte sans les qualifications requises, Geu-rae devient la cible numéro un. Le mépris est palpable, viscéral. Il pensait naïvement que sa petite certification en informatique suffirait, mais il se trompait lourdement. Le contraste est violent avec la nouvelle stagiaire star, polyglotte et charismatique, qui écrase tout sur son passage. Cette dynamique de groupe toxique rappelle parfois la tension psychologique de Blind, ce thriller policier addictif, sauf qu’ici, les armes sont des photocopieuses et des fichiers Excel.
Quel est le secret stratégique issu de son passé ?
C’est là que la série devient du génie pur. Notre protagoniste a une arme secrète que personne ne soupçonne : il a passé sa jeunesse à « tryharder » le jeu de Go. Même s’il n’est pas devenu pro, il a développé une vision stratégique hors norme. Il analyse les situations de bureau comme un plateau de jeu, anticipant les coups bas et les alliances. C’est fascinant de voir comment il applique des tactiques ancestrales à des problèmes modernes de logistique ou de vente. C’est une approche cérébrale qui change radicalement des séries d’action brutales, bien loin de l’univers violent de la saison 2 de Squid Game qui mise tout sur la survie physique.
Pourquoi la scène du camion frigo est-elle culte ?
Si vous cherchez le moment de bascule, c’est celui-là. Envoyé dans un véritable bourbier par son chef, Geu-rae se retrouve à devoir gérer une tâche ingrate au fond d’un camion frigorifique, ruinant son costume neuf. C’est une métaphore glaciale de sa condition : seul, inadapté, mais déterminé à ne pas geler sur place. Cette résilience face à l’humiliation est le cœur battant de Misaeng. Si vous aimez les histoires de dépassement de soi sans artifices, c’est un visionnage obligatoire.